Avec ses reliefs, ses plaines viticoles, ses somptueuses gorges, ses villages fascinants et son riche patrimoine, la Vallée de l’Hérault vous émerveillera à coup sûr. Mais la magie de la vallée réside aussi dans ses récits et ses mystères.
Vous souhaitez percer la légende du pont du Diable afin de saisir le lien entre Satan et ce lieu idyllique ? Découvrez toutes les légendes qui font vibrer la Vallée de l’Hérault depuis des siècles.
La légende des Deux Vierges
On raconte à Saint-Saturnin-de-Lucian que d’après une ancienne tradition, les deux sœurs de Saint-Fulcran, archidiacre de Maguelone puis évêque de Lodève, élirent domicile au sommet du Rocher surplombant le village pour y faire leur demeure. Il paraît toutefois qu’elles ne prirent cette résolution qu’après avoir habité pendant plusieurs années la petite montagne sur laquelle fut fondée la ville de Montpellier.
Après avoir procédé aux dons de leurs domaines montpelliérains à l’église de Maguelonne afin de se rapprocher du ciel, elles se retirèrent en spiritualité au désert de roche de l’éminence qui porte aujourd’hui leur nom.
Ainsi, depuis cette époque, on nomme ce lieu « Rocher des Deux Vierges ». Les seigneurs propriétaires des lieux dans l’histoire, se sont successivement nommés « Seigneurs des Deux Vierges », c’est dire si la légende résonne dans l’Histoire.
Le château du Géant à Saint-Guilhem-le-Désert
On raconte à Saint-Guilhem-le-Désert, qu’un Géant avait élu domicile aux ruines du château qui domine le village en compagnie d’une pie et qu’il terrorisait les populations villageoises. Un jour, Guilhem, las de devoir gérer la peur que procurait le Géant sur les populations villageoises, décida de se déguiser en servante et de faire mine de transporter de l’eau au château pour aller combattre cet imposteur. Il se munit de « Joyeuse », son épée légendaire, et fit marche vers la forteresse. Lors de son parcours, la pie qui rodait dans les parages s’aperçut que la servante qui faisait route vers le château n’avait pas la même allure que d’habitude. Interpellé, l’oiseau reconnu Guilhem et s’en alla avertir le Géant en ces termes :
- « Géant, ce n’est pas ta servante qui vient t’apporter de l’eau, c’est Guilhem qui s’en vient pour te tuer. »
Mais sûr de son fait et ne doutant pas de sa supériorité, le Géant ne tint pas compte des mises en garde de sa compagne et ouvrit la porte de sa forteresse.
S’en suivit un âpre combat qui vit la victoire de Guilhem précipitant son adversaire au bas des falaises du château.
La pie dépourvue, ayant perdu son protecteur, prit la fuite pour aller se cacher on ne sait où...
Depuis ce jour, les habitants du village vivent en toute quiétude et bien que la vallée de Gellone soit fréquentée par de nombreuses espèces d’oiseaux, on ne revit jamais de pie.
La légende du pont du Diable
Alors que les moines de Gellone et d’Aniane ne ménagent pas leurs efforts pour la construction du pont traversant l’Hérault au débouché des gorges sur la plaine, on constate chaque matin en abordant les lieux, que les travaux réalisés la veille sont systématiquement détruits. Les deux congrégations monastiques comprennent très vite que leur projet subi des entreprises de sabotages nocturnes et en appelle à la protection de leur Saint Patron Guilhem qui un soir, décide de se rendre seul sur les lieux pour y interpeller les éventuels malfaiteurs. Après quelques heures, posté à attendre, Guilhem constate que le Diable déguisé dans un costume de bouc noir fracasse les travaux du pont. Guilhem l’interpelle alors :
- « Satan, je t’ai reconnu dans ton ridicule apparat. Pourquoi dévastes-tu ainsi l’ouvrage de mes frères ? »
- « C’est que je n’ai que faire des entreprises de tes chiens de serviteurs sur terre. »
- « Satan, plutôt que de nous affronter ici, essayons de régler notre contentieux intelligemment. »
- « Pour une fois, je suis d’accord avec toi Guilhem ! Alors écoute-moi bien. Je te propose de construire un pont le plus solide qui soit en trois jours. En échange, tu t’engages à me livrer l’âme d’un de tes chiens de serviteurs. Celle du premier qui traversera le pont sera pour moi et je l’emmènerai avec moi au fond de l’abîme des enfers. »
Sans répondre aux provocations du Diable et avec la plus sereine des assurances, Guilhem lui rétorqua :
- « L’âme d’un de mes chiens de serviteur ! Tu ne saurais mieux dire Satan ! Retrouvons-nous en ces lieux dans trois jours et trois nuits lorsque tu te seras exécuté. »
Sur ces mots, Guilhem s’en retourna au village.
Trois jours et trois nuits s’écoulèrent et ce fut le moment pour Guilhem et ses compagnons de retourner au pont pour constater la fin des travaux.
Arrivés aux abords du chantier, Satan les accueille sur l’ouvrage qu’il vient d’achever, la mine réjouit à l’idée d’emporter avec lui une âme humaine.
Il s’adressa alors à Guilhem en ces termes :
- « Je me suis exécuté, l’ouvrage est terminé. J’ai rempli ma part du contrat. A toi maintenant de me donner ce que tu m’as promis. »
Guilhem sortit alors un os de sa veste, le jeta de l’autre côté du Pont et le chien qui se tenait à ses côtés traversa le Pont à grandes enjambées. Alors que le Diable ne comprenait pas la manœuvre, Guilhem s’exclama :
- « Satan, tu vois que je respecte mes engagements. Il y a trois jours de cela, tu me demandais l’âme d’un de mes chiens de serviteur. Et bien, voici le plus fidèle de tous. »
- « ARRRRGH ! Guilhem ! Tu m’as trompé. Ma vengeance sera terrible ! »
Dans sa colère, le Diable tenta de détruire le pont mais l’ayant promis le plus solide possible, il ne put y parvenir. Enfin, comprenant qu’il ne pourrait se venger, il se jeta de dépit dans les eaux de l’Hérault et creusa le gouffre noir dans sa chute.
Parfois, en période de crue, la colère du Diable semble se réveiller et ses hurlements surgissent du fond du gouffre.
C’est ainsi que pendant de très nombreuses années, les pèlerins et gens de passage qui traversaient le pont se munissaient de pierres pour les jeter dans le fleuve dans l’espoir d’y laisser le Diable au fond...
La légende de Clamouse
La source et la grotte de Clamouse doivent leur nom au terme languedocien “clamousa" (clameuse ou hurleuse), en raison du bruit de l’eau de la rivière souterraine lors des crues.
La célèbre légende de la Clamouse raconte qu’une famille de paysans très pauvre vivait dans les Gorges de l’Hérault.
Lorsque le fils aîné fut en âge de travailler, on l’envoya sur les Causses du Larzac pour garder des brebis. Le petit pâtre avait pris l’habitude de faire parvenir à sa mère une brebis de son troupeau en la précipitant dans l’abîme du Causse. Un jour, la mère retrouva le corps de son enfant. Le berger avait été entraîné dans le précipice par un agneau robuste dont il voulait faire cadeau à sa famille. Folle de douleur, la mère clama sa peine aux abords de la grotte en hurlant de désespoir.
Ce type de légende est très fréquent dans toutes les régions calcaires où existent des circulations d'eaux souterraines.
Elle démontre que les habitants de ces régions ont eu très tôt conscience de la relation directe existant entre les résurgences des vallées et les gouffres et points d'infiltration des eaux sur les plateaux et montagnes environnants.
Le miracle du 8 septembre 1360 : Gignac
Le 8 septembre 1360, jour de la nativité de la Vierge du calendrier grégorien, un sourd, muet et aveugle fut attiré comme par magie sur une éminence où il creusa en terre et trouva un objet qu’il ne pu définir au toucher. Il l’approcha de son visage, ouvrit les yeux, entendit le bruit du vent et cria au miracle en s’apercevant qu’il tenait dans ses mains une statuette de la Vierge.
Quelques années plus tard, on fit ériger sur le lieu du miracle une première chapelle Notre-Dame-de-Grâce, remplacé au XVIIe siècle par l’édifice actuel et une partie du chemin de croix attenant. Ce sanctuaire fut dans l’histoire, un lieu de procession fréquenté par l’ensemble des populations de la Vallée de l’Hérault.
Notre-Dame-du-Dimanche à Saint-Bauzille-de-la-Sylve
Les apparitions de la vierge Marie en 1873
Avez-vous déjà entendu parler des apparitions de la vierge Marie en 1873, à Saint-Bauzille-de-la-Sylve?
Dans le sanctuaire de Notre-Dame-du-Dimanche, tous les ans, le 8 juin et le 8 juillet, des cérémonies sont organisées par la paroisse Val d'Erau.
Récit des apparitions par Bernard DAUDE, un des arrière-petits-enfants du voyant.
Le dimanche 8 juin 1973, à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, Auguste Arnaud, modeste vigneron, travaille dans sa vigne, car la semaine est consacrée aux vignes de son patron.
Alors qu'il s'accorde une pause, une jeune femme vêtue de blanc, nimbée d'un voile lumineux, apparaît à un ou deux mètres de lui. Elle lui dit: "Je suis la sainte Vierge, n'ayez pas peur... vous avez la maladie de la vigne". Elle lui demande aussi de faire plusieurs démarches (pèlerinages...), de poser une croix au fond de la vigne: "Vous y viendrez chaque année en procession, faites tout cela et dans un mois, je viendrai vous remercier". Et l'apparition remonta vers les cieux.
Le 8 juillet 1873, un mois après avoir fait ce que la Sainte Vierge lui avait demandé, Auguste Arnaud part de bonne heure travailler sa vigne. Il n'est pas seul, une foule nombreuse est présente pour voir ce qui allait se passer (400 à 600 personnes d'après les estimations).
Auguste travaille sa vigne, se relève un instant pour souffler, la pioche lui tombe des mains et jetant son chapeau à terre, ses deux bras s'élèvent et il fixe un objet qu'il est le seul à apercevoir. La Sainte Vierge est devant lui: ses vêtements sont de couleur or, ses mains sont jointes et un chapelet pend à sa main droite. Auguste est transporté à travers les souches (40 mètres), en lévitation et en grande vitesse au pied de la croix que la vierge Marie lui avait demandé de poser. La sainte Vierge est positionnée au dessus de la croix et toujours dans le dialecte occitan lui dit: "Il ne faut pas travailler le dimanche". Après avoir béni la foule, la sainte Vierge lui demande "que l'on chante des cantiques", puis elle disparaît.
Auguste Arnaud, revenu à lui, dit d'une voix faible: "Dites-leur de chanter". La foule entonne alors le Magnificat.
Bernard DAUDE.
Lou Chivalet à Vendémian
Alors que Marie de Montpellier, épouse de Pierre d’Aragon, éprouve les pires difficultés à donner un héritier légitime à sa seigneurie, on raconte que Pierre passe plus de temps à dorloter ses nombreuses courtisanes que sa femme officielle.
Les problèmes du couple remettent la pérennisation de leur lignée en question et il serait impossible pour Pierre de nommer un bâtard à sa succession.
Pierre avait pour habitude de donner des rendez-vous galants à ses maîtresses en des lieux reculés pour ne pas attirer l’attention sur lui.
C’est ainsi que Marie, se faisant passer pour une courtisane lui donna rendez-vous de nuit au village de Vendémian. Dans l’obscurité, Pierre ne put la reconnaître.
Elle se tenait fraiche et élégante sur un « chivalet », un cheval-jupon, avec lequel une fois la chose faite, ils rentrèrent en ville où on célébra neuf mois plus tard, la naissance de Jacques II, héritier légitime de la seigneurie de Montpellier.